
Aminata Yade
16 March 2026
•
Temps de lecture:
Moins de 5 mins

La dépression s’est déclenchée à l’âge de 25 ans, environ un mois après le suicide de l’une de mes meilleures amies.
Cet événement très traumatique a réveillé un souvenir refoulé : ma mère s’était suicidée quand j’avais 11 ans, ce qui m’a complètement effondrée.
Les professionnels qui me suivent pensent que c’est vraiment à ce moment-là que les premiers signes sont apparus. Il y a sans doute d’autres raisons : mon TDAH, des problèmes familiaux, des traumatismes successifs… Aujourd’hui, la dépression reste présente, et on s’interroge sur l’influence du TDAH dans son évolution.
Avant 25 ans, je ne comprenais pas pourquoi j’étais si souvent angoissée et stressée. Quand la dépression est arrivée, elle s’est d’abord manifestée par des crises d’angoisse : je ne pouvais plus sortir de chez moi plus de cinq minutes, je faisais des malaises, j’avais du mal à respirer et des douleurs dans la poitrine. J’appelais SOS Médecins toutes les semaines, les crises devenaient de plus en plus fortes et me faisaient trembler ou m’évanouir. J’ai dû démissionner pour passer des examens, mais tout était normal.
Mon médecin a conclu que je faisais une dépression et m’a mise sous antidépresseur.
Oui, quand j’ai eu une phobie d’impulsion.
J’ai cru que j’allais me tuer, que je devais me tuer. Je n’en avais pas envie, mais une petite voix dans ma tête me répétait : « va marcher sur la route avec les voitures ». J’ai dû appeler une amie pour qu’elle vienne m’aider. Avec le recul, je pense que tout cela était une accumulation : cet épisode, les crises d’angoisse, le fait d’avoir dû démissionner parce que je n’arrivais plus à travailler. Ça m’a mis la puce à l’oreille. Les médecins se sont aussi appuyés sur ces éléments pour poser le diagnostic de dépression.
J’ai été hospitalisée deux fois, à un an et demi d’intervalle, chaque séjour durant trois mois. La première fois, la clinique m’a littéralement sauvée, alors qu’avant j’étais morte intérieurement. J’y ai été diagnostiquée borderline, et ma dépression et mon trouble anxieux ont été confirmés.
Un an et demi plus tard, après un nouvel événement difficile, j’ai rechuté et j’ai de nouveau été admise. Cette fois, j’ai suivi des thérapies comme l’EMDR et l’ICV, et à ma sortie je n’ai pas rechuté.
Oui. À part le TDAH, diagnostiqué par un pédopsychiatre à cinq ans et confirmé en 2024, je suis aussi borderline et j’ai un léger trouble autistique.
Après six ans de dépression et de traitement, les professionnels pensent que je suis stabilisée, même si je reste surveillée. Une dépression ne disparaît pas du jour au lendemain, il faut du temps pour vérifier si on a vraiment atteint ce stade. Pour l’instant, les choses vont dans la bonne direction, mais le TDAH reprend du terrain.
Mon psychiatre m’a expliqué que lorsque le trouble anxieux et la dépression s’abaissent, le TDAH peut fortement revenir chez une femme de plus de 30 ans. Depuis un mois, je me sens mieux, mais j’ai retrouvé de l’hyperactivité, de la nervosité, une hyperfocalisation et paradoxalement un manque de concentration, avec des insomnies…
Je reconnais ces symptômes, donc il est probable qu’on me prescrive de nouveau de la Ritaline.
Aujourd’hui, je suis photographe et j’ai lancé une friperie en ligne. Je fais attention à mon alimentation et je fais du sport, mais ça ne résout pas tout.
Quand on est borderline, on n’est jamais dans un état stable. Et, quand une crise survient, tout est amplifié… ça fait très peur.
Ma famille, elle, ne parle pas de santé mentale. Mon père et ma belle-mère ont pris conscience de mon état lors de ma première hospitalisation, mais le sujet reste tabou. Et du côté maternel, que je vois peu, ils considèrent cela comme une faiblesse.
Mes amies ont été un véritable soutien. Elles m’ont dit qu’elles étaient là avant la dépression et qu’elles le resteraient malgré la maladie et les diagnostics qui sont tombés.
J’avais déjà vécu en colocation avec l’une d’entre elles pendant un an et demi avant que la dépression ne commence. Et, finalement, nous avons vécu ensemble pendant sept ans. Elle m’a aidée à m’organiser, à me nourrir, à me laver, à me motiver… Aujourd’hui, je vis seule depuis un an et demi, parce que je vais mieux, mais je n’oublierai pas ce qu’elle a fait pour moi.
Oui. Ma mère souffrait d’une dépression sévère. Quand elle est partie, j’ai d’ailleurs fait une amnésie traumatique.
Mon père, qui s’est remarié avant la disparition de ma mère, est un sacré personnage ; ma belle-mère est dépendante affective ; j’ai un frère et deux demi-frères qui souffrent eux aussi de dépression et d’anxiété. Peut-être même que d’autres troubles seraient diagnostiqués, s’ils allaient consulter.
Je trouve ça vraiment étrange qu’on ne considère pas la santé mentale comme aussi importante que la santé physique…
La dépression est une vraie maladie, au même titre qu’Alzheimer ou Parkinson.
On vit tous des traumatismes et des blessures, alors prendre soin de sa santé mentale devrait aller de soi.
Quand je suis tombée en dépression, j’ai voulu comprendre ce qui était arrivé à ma mère. Je l’avais mise complètement de côté psychologiquement, et tout est remonté d’un coup. J’ai fait des recherches, parlé à des proches, rouvert des cartons de souvenirs, et en lisant ses écrits, j’ai compris pourquoi elle souffrait de dépression. Je pense qu’elle n’a pas été correctement suivie et que sa famille l’a laissée tomber. À mon avis, elle était aussi borderline. Tout ça m’a donné envie d’en savoir plus : j’ai lu, je me suis renseignée sur les neurosciences, la médecine, la psychiatrie.
Pendant mes moments léthargiques, lire et chercher sur internet étaient les seules choses possibles. Mais surtout, j’ai compris l’importance de consulter un professionnel.
Lors de ma première hospitalisation, et surtout à ma sortie, les soignants ont veillé à ce que je sois suivie par des professionnels.
Être seule m’apporte de l’autonomie et de l’indépendance. Après six ans de dépression, c’est réconfortant de réaliser qu’on peut y arriver. Pendant longtemps, je me suis sentie nulle, j’ai énormément culpabilisé. Aujourd’hui, réussir à me faire à manger, gérer le quotidien et avancer sur mes projets, c’est réapprendre à vivre, et j’en suis fière.
Il faut toujours garder espoir, car il y a même des fleurs qui poussent dans le sable.
*Ce récit a été partagé et publié avec l’accord de la personne concernée.

La dépression s’est déclenchée à l’âge de 25 ans, environ un mois après le suicide de l’une de mes meilleures amies.
Cet événement très traumatique a réveillé un souvenir refoulé : ma mère s’était suicidée quand j’avais 11 ans, ce qui m’a complètement effondrée.
Les professionnels qui me suivent pensent que c’est vraiment à ce moment-là que les premiers signes sont apparus. Il y a sans doute d’autres raisons : mon TDAH, des problèmes familiaux, des traumatismes successifs… Aujourd’hui, la dépression reste présente, et on s’interroge sur l’influence du TDAH dans son évolution.
Avant 25 ans, je ne comprenais pas pourquoi j’étais si souvent angoissée et stressée. Quand la dépression est arrivée, elle s’est d’abord manifestée par des crises d’angoisse : je ne pouvais plus sortir de chez moi plus de cinq minutes, je faisais des malaises, j’avais du mal à respirer et des douleurs dans la poitrine. J’appelais SOS Médecins toutes les semaines, les crises devenaient de plus en plus fortes et me faisaient trembler ou m’évanouir. J’ai dû démissionner pour passer des examens, mais tout était normal.
Mon médecin a conclu que je faisais une dépression et m’a mise sous antidépresseur.
Oui, quand j’ai eu une phobie d’impulsion.
J’ai cru que j’allais me tuer, que je devais me tuer. Je n’en avais pas envie, mais une petite voix dans ma tête me répétait : « va marcher sur la route avec les voitures ». J’ai dû appeler une amie pour qu’elle vienne m’aider. Avec le recul, je pense que tout cela était une accumulation : cet épisode, les crises d’angoisse, le fait d’avoir dû démissionner parce que je n’arrivais plus à travailler. Ça m’a mis la puce à l’oreille. Les médecins se sont aussi appuyés sur ces éléments pour poser le diagnostic de dépression.
J’ai été hospitalisée deux fois, à un an et demi d’intervalle, chaque séjour durant trois mois. La première fois, la clinique m’a littéralement sauvée, alors qu’avant j’étais morte intérieurement. J’y ai été diagnostiquée borderline, et ma dépression et mon trouble anxieux ont été confirmés.
Un an et demi plus tard, après un nouvel événement difficile, j’ai rechuté et j’ai de nouveau été admise. Cette fois, j’ai suivi des thérapies comme l’EMDR et l’ICV, et à ma sortie je n’ai pas rechuté.
Oui. À part le TDAH, diagnostiqué par un pédopsychiatre à cinq ans et confirmé en 2024, je suis aussi borderline et j’ai un léger trouble autistique.
Après six ans de dépression et de traitement, les professionnels pensent que je suis stabilisée, même si je reste surveillée. Une dépression ne disparaît pas du jour au lendemain, il faut du temps pour vérifier si on a vraiment atteint ce stade. Pour l’instant, les choses vont dans la bonne direction, mais le TDAH reprend du terrain.
Mon psychiatre m’a expliqué que lorsque le trouble anxieux et la dépression s’abaissent, le TDAH peut fortement revenir chez une femme de plus de 30 ans. Depuis un mois, je me sens mieux, mais j’ai retrouvé de l’hyperactivité, de la nervosité, une hyperfocalisation et paradoxalement un manque de concentration, avec des insomnies…
Je reconnais ces symptômes, donc il est probable qu’on me prescrive de nouveau de la Ritaline.
Aujourd’hui, je suis photographe et j’ai lancé une friperie en ligne. Je fais attention à mon alimentation et je fais du sport, mais ça ne résout pas tout.
Quand on est borderline, on n’est jamais dans un état stable. Et, quand une crise survient, tout est amplifié… ça fait très peur.
Ma famille, elle, ne parle pas de santé mentale. Mon père et ma belle-mère ont pris conscience de mon état lors de ma première hospitalisation, mais le sujet reste tabou. Et du côté maternel, que je vois peu, ils considèrent cela comme une faiblesse.
Mes amies ont été un véritable soutien. Elles m’ont dit qu’elles étaient là avant la dépression et qu’elles le resteraient malgré la maladie et les diagnostics qui sont tombés.
J’avais déjà vécu en colocation avec l’une d’entre elles pendant un an et demi avant que la dépression ne commence. Et, finalement, nous avons vécu ensemble pendant sept ans. Elle m’a aidée à m’organiser, à me nourrir, à me laver, à me motiver… Aujourd’hui, je vis seule depuis un an et demi, parce que je vais mieux, mais je n’oublierai pas ce qu’elle a fait pour moi.
Oui. Ma mère souffrait d’une dépression sévère. Quand elle est partie, j’ai d’ailleurs fait une amnésie traumatique.
Mon père, qui s’est remarié avant la disparition de ma mère, est un sacré personnage ; ma belle-mère est dépendante affective ; j’ai un frère et deux demi-frères qui souffrent eux aussi de dépression et d’anxiété. Peut-être même que d’autres troubles seraient diagnostiqués, s’ils allaient consulter.
Je trouve ça vraiment étrange qu’on ne considère pas la santé mentale comme aussi importante que la santé physique…
La dépression est une vraie maladie, au même titre qu’Alzheimer ou Parkinson.
On vit tous des traumatismes et des blessures, alors prendre soin de sa santé mentale devrait aller de soi.
Quand je suis tombée en dépression, j’ai voulu comprendre ce qui était arrivé à ma mère. Je l’avais mise complètement de côté psychologiquement, et tout est remonté d’un coup. J’ai fait des recherches, parlé à des proches, rouvert des cartons de souvenirs, et en lisant ses écrits, j’ai compris pourquoi elle souffrait de dépression. Je pense qu’elle n’a pas été correctement suivie et que sa famille l’a laissée tomber. À mon avis, elle était aussi borderline. Tout ça m’a donné envie d’en savoir plus : j’ai lu, je me suis renseignée sur les neurosciences, la médecine, la psychiatrie.
Pendant mes moments léthargiques, lire et chercher sur internet étaient les seules choses possibles. Mais surtout, j’ai compris l’importance de consulter un professionnel.
Lors de ma première hospitalisation, et surtout à ma sortie, les soignants ont veillé à ce que je sois suivie par des professionnels.
Être seule m’apporte de l’autonomie et de l’indépendance. Après six ans de dépression, c’est réconfortant de réaliser qu’on peut y arriver. Pendant longtemps, je me suis sentie nulle, j’ai énormément culpabilisé. Aujourd’hui, réussir à me faire à manger, gérer le quotidien et avancer sur mes projets, c’est réapprendre à vivre, et j’en suis fière.
Il faut toujours garder espoir, car il y a même des fleurs qui poussent dans le sable.
*Ce récit a été partagé et publié avec l’accord de la personne concernée.
La dépression s’est déclenchée à l’âge de 25 ans, environ un mois après le suicide de l’une de mes meilleures amies.
Cet événement très traumatique a réveillé un souvenir refoulé : ma mère s’était suicidée quand j’avais 11 ans, ce qui m’a complètement effondrée.
Les professionnels qui me suivent pensent que c’est vraiment à ce moment-là que les premiers signes sont apparus. Il y a sans doute d’autres raisons : mon TDAH, des problèmes familiaux, des traumatismes successifs… Aujourd’hui, la dépression reste présente, et on s’interroge sur l’influence du TDAH dans son évolution.
Avant 25 ans, je ne comprenais pas pourquoi j’étais si souvent angoissée et stressée. Quand la dépression est arrivée, elle s’est d’abord manifestée par des crises d’angoisse : je ne pouvais plus sortir de chez moi plus de cinq minutes, je faisais des malaises, j’avais du mal à respirer et des douleurs dans la poitrine. J’appelais SOS Médecins toutes les semaines, les crises devenaient de plus en plus fortes et me faisaient trembler ou m’évanouir. J’ai dû démissionner pour passer des examens, mais tout était normal.
Mon médecin a conclu que je faisais une dépression et m’a mise sous antidépresseur.
Oui, quand j’ai eu une phobie d’impulsion.
J’ai cru que j’allais me tuer, que je devais me tuer. Je n’en avais pas envie, mais une petite voix dans ma tête me répétait : « va marcher sur la route avec les voitures ». J’ai dû appeler une amie pour qu’elle vienne m’aider. Avec le recul, je pense que tout cela était une accumulation : cet épisode, les crises d’angoisse, le fait d’avoir dû démissionner parce que je n’arrivais plus à travailler. Ça m’a mis la puce à l’oreille. Les médecins se sont aussi appuyés sur ces éléments pour poser le diagnostic de dépression.
J’ai été hospitalisée deux fois, à un an et demi d’intervalle, chaque séjour durant trois mois. La première fois, la clinique m’a littéralement sauvée, alors qu’avant j’étais morte intérieurement. J’y ai été diagnostiquée borderline, et ma dépression et mon trouble anxieux ont été confirmés.
Un an et demi plus tard, après un nouvel événement difficile, j’ai rechuté et j’ai de nouveau été admise. Cette fois, j’ai suivi des thérapies comme l’EMDR et l’ICV, et à ma sortie je n’ai pas rechuté.
Oui. À part le TDAH, diagnostiqué par un pédopsychiatre à cinq ans et confirmé en 2024, je suis aussi borderline et j’ai un léger trouble autistique.
Après six ans de dépression et de traitement, les professionnels pensent que je suis stabilisée, même si je reste surveillée. Une dépression ne disparaît pas du jour au lendemain, il faut du temps pour vérifier si on a vraiment atteint ce stade. Pour l’instant, les choses vont dans la bonne direction, mais le TDAH reprend du terrain.
Mon psychiatre m’a expliqué que lorsque le trouble anxieux et la dépression s’abaissent, le TDAH peut fortement revenir chez une femme de plus de 30 ans. Depuis un mois, je me sens mieux, mais j’ai retrouvé de l’hyperactivité, de la nervosité, une hyperfocalisation et paradoxalement un manque de concentration, avec des insomnies…
Je reconnais ces symptômes, donc il est probable qu’on me prescrive de nouveau de la Ritaline.
Aujourd’hui, je suis photographe et j’ai lancé une friperie en ligne. Je fais attention à mon alimentation et je fais du sport, mais ça ne résout pas tout.
Quand on est borderline, on n’est jamais dans un état stable. Et, quand une crise survient, tout est amplifié… ça fait très peur.
Ma famille, elle, ne parle pas de santé mentale. Mon père et ma belle-mère ont pris conscience de mon état lors de ma première hospitalisation, mais le sujet reste tabou. Et du côté maternel, que je vois peu, ils considèrent cela comme une faiblesse.
Mes amies ont été un véritable soutien. Elles m’ont dit qu’elles étaient là avant la dépression et qu’elles le resteraient malgré la maladie et les diagnostics qui sont tombés.
J’avais déjà vécu en colocation avec l’une d’entre elles pendant un an et demi avant que la dépression ne commence. Et, finalement, nous avons vécu ensemble pendant sept ans. Elle m’a aidée à m’organiser, à me nourrir, à me laver, à me motiver… Aujourd’hui, je vis seule depuis un an et demi, parce que je vais mieux, mais je n’oublierai pas ce qu’elle a fait pour moi.
Oui. Ma mère souffrait d’une dépression sévère. Quand elle est partie, j’ai d’ailleurs fait une amnésie traumatique.
Mon père, qui s’est remarié avant la disparition de ma mère, est un sacré personnage ; ma belle-mère est dépendante affective ; j’ai un frère et deux demi-frères qui souffrent eux aussi de dépression et d’anxiété. Peut-être même que d’autres troubles seraient diagnostiqués, s’ils allaient consulter.
Je trouve ça vraiment étrange qu’on ne considère pas la santé mentale comme aussi importante que la santé physique…
La dépression est une vraie maladie, au même titre qu’Alzheimer ou Parkinson.
On vit tous des traumatismes et des blessures, alors prendre soin de sa santé mentale devrait aller de soi.
Quand je suis tombée en dépression, j’ai voulu comprendre ce qui était arrivé à ma mère. Je l’avais mise complètement de côté psychologiquement, et tout est remonté d’un coup. J’ai fait des recherches, parlé à des proches, rouvert des cartons de souvenirs, et en lisant ses écrits, j’ai compris pourquoi elle souffrait de dépression. Je pense qu’elle n’a pas été correctement suivie et que sa famille l’a laissée tomber. À mon avis, elle était aussi borderline. Tout ça m’a donné envie d’en savoir plus : j’ai lu, je me suis renseignée sur les neurosciences, la médecine, la psychiatrie.
Pendant mes moments léthargiques, lire et chercher sur internet étaient les seules choses possibles. Mais surtout, j’ai compris l’importance de consulter un professionnel.
Lors de ma première hospitalisation, et surtout à ma sortie, les soignants ont veillé à ce que je sois suivie par des professionnels.
Être seule m’apporte de l’autonomie et de l’indépendance. Après six ans de dépression, c’est réconfortant de réaliser qu’on peut y arriver. Pendant longtemps, je me suis sentie nulle, j’ai énormément culpabilisé. Aujourd’hui, réussir à me faire à manger, gérer le quotidien et avancer sur mes projets, c’est réapprendre à vivre, et j’en suis fière.
Il faut toujours garder espoir, car il y a même des fleurs qui poussent dans le sable.
*Ce récit a été partagé et publié avec l’accord de la personne concernée.